Jeunes & numérique : un tchat dédié aux jeunes femmes victimes de violences

En avant toute(s), c’est une association créée par des jeunes et pour des jeunes qui est spécialisée sur la questions des violences contre les femmes. Créée en 2013, cette association met en place de nombreuses actions de prévention et de lutte contre les violences contre les jeunes femmes et fait des jeunes son public.

En septembre 2016, l’association lance pour la première fois en France un tchat destiné aux jeunes femmes victimes de violences, animé par les professionnelles de l’association.

Nous avons rencontré Louise Delavier, chargée de projet et responsable de la communication au sein de l’association, qui nous parle d’En avant toute(s) et du tchat.

Pourquoi avoir choisi d’orienter l’association sur un public de jeunes ?

Dès la création d’En avant toute(s), les deux membres fondateurs ont frappé aux portes des associations franciliennes pour identifier les besoins dans la prise en charge des femmes victimes de violences. Le constat est unanime : les jeunes femmes sont encore trop peu prises en charge lorsqu’elles subissent des violences au sein de leur couple ou de leur famille. Elles ne sont pas toujours repérées par les structures jeunesse qu’elles peuvent être amenées à fréquenter ainsi que par leurs établissements scolaires et sont encore peu présentes dans les associations d’aide aux victimes.

Cela est dû à plusieurs facteurs. D’abord, les jeunes femmes parlent peu de ces violences avec des adultes et/ou des professionnel.le.s ; elles peuvent avoir honte, mal connaître leurs droits, ou encore croire qu’il est normal de se plier aux moindres désirs de leur partenaire. Les adultes et professionnel.le.s ont également leur part de responsabilité ; certain.e.s peuvent considérer que les violences que subissent les jeunes femmes sont « moins graves », parce qu’elles ne vivent pas forcément en couple avec l’auteur des violences ou encore parce qu’elles n’ont pas encore d’enfant. Certain.e.s jugent davantage le comportement sexuel et affectif des jeunes femmes.

Enfin, les tranches d’âge que nous avons choisies (12 – 15 ans pour la prévention, et 16 – 25 ans pour l’accompagnement sur le tchat) correspondent à une période où se mettent en place les premières histoires d’amour et les premiers rapports sexuels. Beaucoup de représentations autour du couple, de la sexualité et des relations amoureuses se construisent à ce moment-là.

Nous avons donc choisi de cibler notre activité autour des jeunes femmes parce qu’il y a une véritable urgence à s’intéresser spécifiquement à ce public. Nous cherchons des moyens de leur adresser les bons messages d’une manière qui leur parle, sans jugement ni culpabilisation.

Sur votre site, un tchat à destination des jeunes femmes a été lancé en septembre 2016, à quoi sert-il et comment s’en servir ?

Pour se connecter sur le tchat, il suffit de consulter le site enavanttoutes.fr. L’onglet tchat est disponible à partir de toutes les pages du site, en haut à droite. Un clic sur cet onglet, et la discussion peut commencer avec les professionnelles de l’association.

Notre mission est d’écouter la personne dérouler son récit et de lui proposer des pistes pour aller mieux. Nous l’informons, la conseillons et la redirigeons vers une structure adaptée à ses besoins si elle en fait la demande.

Pour le moment, le tchat fonctionne selon des horaires d’ouverture, trois demi-journées par semaine. Nous souhaitons l’ouvrir davantage à mesure du développement de l’association.

Pourquoi avoir lancé un dispositif numérique pour les jeunes femmes victimes de violences ?

Ce tchat a été créé pour faciliter la prise de parole des jeunes femmes. Comme elles ne s’adressent pas forcément aux structures qui peuvent les prendre en charge, on a l’impression qu’elles taisent les violences. En réalité, c’est faux : les jeunes femmes se confient beaucoup, en particulier sur internet (forums, groupes Facebook, espaces de commentaire sous les articles, etc.). Elles s’y confient « dans le vide », dans le sens ou n’importe qui peut répondre – en particulier des personnes peu informées sur la question des violences, voire des personnes malveillantes.

C’est en observant cette tendance que nous avons choisi de proposer un dispositif pour que les jeunes femmes puissent se confier à des professionnelles en toute sécurité, de façon anonyme et gratuite.

 

Rendez-vous sur le site de l’association : https://enavanttoutes.fr/