Définir le sexisme pour mieux le prévenir

Le 28 mars 2019, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a proposé une définition du sexisme dans une recommandation destinée à lutter contre le sexisme à toutes les échelles : individuelle, institutionnelle et structurelle. Il s’agit de la première définition reconnue à l’échelle internationale.

La définition du sexisme adoptée est celle-ci :

Aux fins de la présente recommandation, le sexisme est :

« Tout acte, geste, représentation visuelle, propos oral ou écrit, pratique ou comportement fondés sur l‘idée qu’une personne ou un groupe de personnes est inférieur du fait de leur sexe, commis dans la sphère publique ou privée, en ligne ou hors ligne, avec pour objet ou effet :

  1. de porter atteinte à la dignité ou aux droits inhérents d’une personne ou d’un groupe de personnes ; ou
  2. d’entraîner pour une personne ou un groupe de personnes des dommages ou des souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou socio-économique ; ou
  3. de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ; ou
  4. de faire obstacle à l’émancipation et à la réalisation pleine et entière des droits humains d’une personne ou d’un groupe de personnes ; ou
  5. de maintenir et de renforcer les stéréotypes de genre. »

Reprenant l’ensemble des textes internationaux en matière de protection et défense des droits des femmesdans lesquels elle s’inscrit, la recommandation place le sexisme dans un continuum entre les stéréotypes de genre, les inégalités entre les femmes et les hommes, le sexisme et la violence à l’égard des femmes et des filles. « Ainsi, des actes de sexisme « ordinaire » sous la forme de comportements, commentaires et plaisanteries sexistes apparemment anodins ou mineurs se situent à une extrémité de ce continuum. Ces actes n’en sont pas moins souvent humiliants et contribuent à créer un climat social où les femmes sont rabaissées, leur estime de soi amoindrie, et leurs activités et leurs choix limités, y compris au travail, dans la sphère privée, publique ou sur internet. Les comportements sexistes, en particulier le discours de haine sexiste, peuvent dégénérer en ou inciter à des agissements ouvertement offensants et menaçants, y compris des abus ou de la violence sexuels, des viols ou des actes potentiellement mortels. »

Elle reconnait ses conséquences néfastes sur l’émancipation des femmes et des filles et son rôle dans le maintien des inégalités femmes – hommes.

Dans une annexe détaillée des mesures concrètes et des outils sont présentés pour guider les États membres dans la mise en œuvre d’actions pour lutter contre le sexisme.

Da manière transversale, les textes législatifs doivent être adaptés et doublés de mesures de sensibilisation avec un objectif : définir les faits et sanctionner les attitudes délibérément sexistes.

De manière spécifique, sont balayés les actions possibles dans les domaines : du langage et de la communication, des médias traditionnels et liés à Internet, du travail, des secteurs publics et judiciaire, des institutions éducatives, de la culture et du sport mais aussi de la sphère privée.

La recommandation dans son intégralité est consultable sur le site du Conseil de l’Europe.

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Eléa Bardeau
Titulaire d’un diplôme en «Études sur le Genre» des Universités de Rennes 2 et de Bretagne Occidentale, Eléa est issue d’un parcours en coopération et solidarité internationale. Consultante-formatrice au sein du Groupe Egae, elle conçoit et anime des formations sur l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les discriminations et le harcèlement sexuel au travail.