La Tunisie : pionnière de la lutte contre les violences faites aux femmes

Le 26 juillet dernier, l’Assemblée des représentant.e.s du peuple de Tunisie adoptait sous les applaudissements la « Loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux filles ».

Alors qu’une femme sur deux est victime de violences en Tunisie (Enquête nationale sur les violences faites aux femmes en Tunisie, 2010), cette loi représente une avancée majeure pour le pays et dans la région à plusieurs égards : elle donne une définition précise de ce que sont les violences faites aux femmes en rappelant qu’elles sont le résultat des inégalités structurelles entre les femmes et les hommes, fruit des normes de la société. Elle spécifie qu’il existe plusieurs types de violences : physiques, sexuelles, psychologiques, économiques et politiques.

Alors que la majorité des agresseurs sont connus des victimes, elle élargit la notion de couple à l’ex-mari, au fiancé et à l’ex-fiancé, et définit le harcèlement sexuel.

De plus, la loi abolit l’article 227 bis du Code pénal tunisien qui condamnait à six ans de prison toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis »… sauf dans le cas où la victime épousait le coupable, ce qui entraînait l’arrêt immédiat des poursuites contre le violeur.

Enfin, la loi prévoit une prise en charge multisectorielle des femmes victimes de violences et oblige l’Etat à former tou.te.s les professionnel.le.s à la prévention et la prise en charge des violences dans les domaines de la santé, de la police, de la justice et du social.

C’est dans ce cadre que le ministère de la santé, accompagné par le Fonds des Nations unies pour la population, prévoit de mettre en place un plan national de formation qui permettra de former 20 000 professionnel.le.s de santé en Tunisie dans les 5 ans à venir. Le groupe Egaé participe à la construction des modules de formation.

Un engagement inédit à l’heure où les hashtags #BalanceTonPorc et #MoiAussi fleurissent sur les réseaux sociaux, y compris au Maghreb.

PARTAGER
Article précédentCaroline De Haas au festival Albertine
Prochain articleLa Guide de voyage met les femmes au centre !
Pauline Chabbert a été responsable « Genre et développement » au Ministère des Affaires étrangères. En 2013, elle créé le cabinet Autrement Conseil, membre du groupe Egae. Elle pilote les projets internationaux (formations, plaidoyer, rapports…), pour des ONG notamment.